Bangkok côté fleuve : entre art urbain et élégance figée au Mandarin Oriental

Continuons notre séjour fort inspirant à Bangkok, après les frères Sühring, le branché Baia, le bistrot marin Iode, la table Mia, nous voilà côté fleuve pour une matinée dédiée à l’art urbain.
Direction les rives du Chao Phraya le fleuve qui traverse Bangkok, son épine dorsale, sa respiration. Il structure la ville, relie les quartiers et offre un observatoire privilégié de ses mutations.

Nous commençons par une halte à Art Focus : une pause contemporaine – Art Focus s’inscrit dans cette dynamique. La galerie défend une scène thaïlandaise émergente, entre abstraction, photographie et installations graphiques. L’espace, brut et lumineux, tranche avec l’agitation extérieure. On y perçoit une capitale qui revendique sa modernité culturelle, sa diversité.






Direction Talad Noi et ses ruelles de street art –
À quelques minutes à pied, Talad Noi déploie un décor d’ateliers mécaniques, de façades patinées et de maisons sino-thaïes. Les murs y sont devenus supports d’expression. Fresques monumentales, lettrages colorés, portraits hyperréalistes : la rue s’impose comme galerie à ciel ouvert.



Autour de ces œuvres gravitent des mini-shops et des cafés indépendants, et même une chocolaterie. Objets vintage, design local, vêtements revisités : le quartier cultive une économie artisanale, presque organique. Bangkok y révèle son énergie créative, sans mise en scène excessive.




Il est déjà l’heure de déjeuner… où se poser dans ce quartier en effervescence … une idée lumineuse, une déjeuner au Mandarin Oriental Bangkok, une quinzaine de minute à pied pour rejoindre le mythique hôtel, de nombreuses fois classé meilleur hôtel du monde.


La promenade s’achève donc sur la terrasse du Mandarin Oriental, vue dégagée sur le fleuve, le cadre demeure intact tel que connu depuis plusieurs années, fidèle à sa réputation, d’ailleurs heureusement le décor sauve l’instant.


Alors oui le service est précis, l’atmosphère feutrée, mais le tout sans âme, accueil froid, et on ne ressent pas l’envie de faire plaisir, tout semble mécanique, à trop vouloir appliquer des standards on ressent une sorte d’ennuie à table.

D’ailleurs l’assiette, peine à suivre, cuisine internationale classique, techniquement maîtrisée mais sans relief particulier. Une exécution correcte qui ne provoque ni surprise ni émotion durable. Le lieu invite davantage à contempler le fleuve qu’à s’attarder sur le contenu du repas.





Un signal encourageant toutefois pour les passionnés de restauration que nous sommes : l’installation de la cheffe Anne-Sophie Pic au sein du restaurant Le Normandie ( situé au sommet de l’immeuble hôtelier ) au mois de septembre 2025. La cheffe française, triplement étoilée au guide Michelin à Valence en France signe la nouvelle offre culinaire, elle incarne une cuisine de précision et de profondeur aromatique reconnue internationalement.
Son arrivée pourrait marquer un tournant stratégique pour l’établissement en quête de retrouver le prestige passé. On peut espérer que cette signature exigeante élève le niveau global de la restauration au sein de l’hôtel et réinsuffle une ambition gastronomique à la hauteur de son histoire.
Cette balade le long du fleuve met en lumière une ville en tension fertile : créativité spontanée dans les ruelles de Talad Noi, patrimoine hôtelier chargé d’histoire, et désormais, l’ambition d’un renouveau culinaire porté par une figure majeure de la gastronomie française.
Bangkok avance par contrastes… C’est précisément ce qui la rend stimulante.















