Restauration – Pour rendre la profession plus attractive, il faudrait augmenter les salaires, mais pas seulement !

21 avril 2019  2  Non classé
 

signature-food-and-sens Le syndicat Umih demande à ce que les salariés soient mieux payés pour rendre le secteur de la restauration plus attractif et réduire cette pénurie d’équipiers qui pénalise l’activité de nombreux établissements. La piste de la rémunération au pourcentage ne peut s’appliquer qu’à certaines parties de la profession comme la brasserie ou la gastronomie, mais ces activités ne représentent qu’une infime partie du secteur.

Un constat tout de même dans le secteur de la gastronomie, les salaires ont relativement étaient revus à la hausse, les établissements haut de gamme par manque de candidat proposent des salaires plus élevés que la moyenne, ce n’est pas pour autant que les candidats se bousculent à la porte.

Et pour mieux rémunérer les salariés, il faudrait pouvoir augmenter les prix (pour vendre au juste prix, mais vu la crise sociale ce n’est pas possible) et bien sûr réduire le taux de charge salariale (là le gouvernement ne semble pas vouloir bouger) car en restauration les marges sont de plus en plus réduites et la rentabilité très éphémère.

Mais au final cela semble évident que les salaires doivent être plus élevés dans tout le secteur, mais vu la pression fiscale et sociale les restaurateurs ont besoin de mesures d’accompagnement, sinon l’équilibre économique risque de ne pas être maintenu, et les salaires de ne pas progresser.

Au-delà de la rémunération, l’attractivité des métiers de la restauration viendra aussi si l’ensemble des acteurs du métiers se mettent tous autour d’une table pour rendre l’activité plus  humaine, plus sociable, plus dans un esprit de partage.

© FRED DUFOUR / AFP

Le patronat de la restauration propose lundi une rémunération dite « au service », soit un prélèvement opéré sur le chiffre d’affaires, et une sanctuarisation de la TVA à 10% pour rendre le secteur plus attractif dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre.

Confronté à une pénurie « historique » et à des rotations importantes de main-d’oeuvre sur son secteur, le patronat de la restauration réfléchit à mieux payer ses salariés en généralisant la rémunération au chiffre d’affaires et l’intéressement.

Une enquête de Pôle Emploi en 2018 a recensé « 286.000 projets de recrutement dans le secteur de l’hôtellerie/restauration, dont près de la moitié est jugée difficile à pourvoir », rappelle l’Umih, principal syndicat patronal du secteur en France, qui présente des propositions en matière d’emploi, mais aussi de fiscalité ou de développement durable, lors de ses premières « Assises de la restauration commerciale », lundi à Paris.

Un « problème d’attractivité, de conditions de travail, de rémunération » constitue « très certainement les raisons » d’une désaffection pour ces métiers (service en salle, cuisine) constatée notamment dans les Centres de Formation (CFA), admettent les restaurateurs, « malgré de réelles avancées sociales obtenues ». 

Avec pour conséquence, des « retards importants pendant les services, du stress au sein des équipes, une réduction partielle d’activité voire la fermeture » d’établissements « pérennes économiquement ». « Nous sommes à la merci de ‘staffs’ très changeants, or si l’entreprise met en place une rémunération au pourcentage, les équipes sont hyper motivées », dit Hubert Jan, président de la branche restauration à l’Umih.

Le syndicat patronal souhaite que l’ensemble des salariés d’un établissement (cuisiniers, plongeurs…) puisse bénéficier de la rémunération dite « au service », un prélèvement opéré sur le chiffre d’affaires, que la loi Godart du 19 juillet 1933 a instauré pour le personnel en salle. De moins en moins pratiqué dans le secteur, ce mode de rémunération a encore cours dans de grandes brasseries parisiennes notamment.

Autre proposition : « sanctuariser » le taux de TVA de 10% sur la restauration commerciale qui « n’est pas une niche fiscale », s’émeut Hubert Jan. « La TVA qui avait été abaissée à 5%, est remontée à 7% puis 10%. Nos entreprises sont fragiles, elles ont besoin de stabilité ».

L’Umih veut aussi que les acteurs du numérique soient régis par une réglementation et une imposition « équitables », car « leur schéma d’optimisation fiscale leur confère un avantage concurrentiel gigantesque face aux acteurs de l’économie réelle », en particulier ceux à « forte intensité de main d’oeuvre » comme la restauration. Le syndicat patronal veut influer sur le modèle économique des sites de réservation en ligne de type Booking.com ou LaFourchette.com (groupe TripAdvisor), « afin de sécuriser les marges des restaurateurs ».

Source Europe1
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