Bruno Verjus l’ex journaliste devenu chef, trouve que Top CheF a un côté pornographie

31 janvier 2018  0  Chefs & Actualités F&S LIVE
 

signature-food-and-sens C’est sur le quotidien LIBE que l’aubergiste Bruno Verjus (ex-journaliste devenu chef à Paris), répond à une interview concernant l’émission TOP CHEF qui démarre aujourd’hui sur M6. Top Chef le met en boule, il n’aime pas son côté pornographie, indique t’il, en fait c’est la starification du métier que le dérange. 

Pas très connu hors Paris, le chef est son restaurant TABLE à Paris bénéficient d’une très bonne réputation, puis à Verjus on ne lui fait pas la sauce à l’envers… côté cuisine et produits il en connait un rayon  et sa voix porte !

TOP CHEF  à partir de ce soir sur M6

EXTRAITS  cliquez sur le LINK ci-dessous pour lire l’intégralité de l’article.

« »TOP CHEF » DONNE UNE FAUSSE IMAGE DE LA CUISINE ET DES CUISINIERS»

Forte d’un succès qui ne se dément pas, l’émission de M6 reprend ce mercredi soir, pour la neuvième saison. Au grand dam du chef Bruno Verjus, qui déplore le goût du spectaculaire et de l’éphémère.

Ce mercredi, reprise de Top Chef, l’émission de télé-réalité avec de vrais morceaux de bonne cuisine à l’intérieur (sur M6, 20 h 55). C’est la neuvième saison de ce programme inventé aux Etats-Unis et rendu classieux par l’intervention de grands chefs en France – les candidats sont «coachés» et évalués par Hélène Darroze, Philippe Etchebest, Jean-François Piège et Michel Sarran. Populaire, l’émission peut donner envie de mitonner chez soi ou d’aller au resto. On en était là, au téléphone, avec des cuisiniers, pour savoir si le comportement des clients avait bougé sous l’effet de la télé, quand on est tombé sur Bruno Verjus, très agacé par l’émission. Le maître de La Table (Paris, XIIe) dénonce la starification de son métier.

Qu’est-ce qui vous met en boule dans Top Chef ?

Son côté pornographique.

Ça commence bien ! … C’est un enchaînement de tensions, qui caressent le cerveau reptilien à la manière d’un film pornographique. Ce genre d’émission ne cherche pas à orthonormer l’individu, à lui donner des éléments d’analyse comme certains programmes de bouffe sur Arte. On fait appel aux instincts les plus basiques : le spectacle, la compétition, le sang, les larmes. Top Chefdonne une fausse image de la cuisine et des cuisiniers. Non, on ne peut pas créer de grands plats et ouvrir son resto à 22 ans.

Selon vous, pourquoi le programme rencontre-t-il une si forte audience (2,7 millions de téléspectateurs en moyenne en 2017) ?

Top Chef est le reflet d’une époque avide de paillettes, de tensions, de drames. La télé exige un spectacle permanent. Le calme ennuie. Or, beaucoup de grands chefs créent des plats «ennuyeux» au premier coup d’œil. Prenez Alain Passard (L’Arpège) ou Bernard Pacaud (L’Ambroisie) : la pureté qu’ils recherchent n’est pas spectaculaire mais elle se mange très bien !

Certains candidats semblent faire preuve d’une belle créativité à l’antenne. Et s’ils étaient doués ?

Oui, peut-être qu’ils le sont. Mais comment savez-vous si leur plat est vraiment bon ?

…/…

Pourquoi dans ce cas des chefs étoilés participent-ils à l’émission, dans le rôle de jurés ? Même Paul Bocuse a consenti à apparaître en 2013.

C’est un achat de légitimité. D’une part, les chefs sont pris par ce syndrome qui consiste à ne pas pouvoir refuser une invitation de la télé. Mêmes ceux qui disposent déjà d’une notoriété solide acceptent, parce que l’exposition profite à leurs affaires. D’autre part, la télé utilise des chefs reconnus (étoilés au Michelin ou titrés Meilleur ouvrier de France) en tant qu’alibis. De véritables artistes, qui se sont construits avec le temps, apportent leur caution à l’instantané et à l’incertain. C’est un marché de dupes.

Que vous refusez ?

Oui, j’ai déjà décliné une proposition de M6 en ce sens. Quel serait l’intérêt de jouer les alibis entre deux pubs pour Danette ou McDo ? Car, dans cette confusion des genres, les principaux gagnants ne sont ni les cuisiniers ni les téléspectateurs, mais bien les «majors» de l’industrie agroalimentaire, qui financent l’émission par des spots de pub.

Top Chef a-t-elle au moins ce mérite de revaloriser l’image du cuisinier ?

Sur la base d’une illusion ? Ceux qui croient que ce métier ressemble à l’émission vont être déçus. On note d’ailleurs, bien malheureusement, que beaucoup de cuisiniers qui ouvrent leur affaire doivent la fermer quelques mois ou quelques années plus tard. Mais nous sommes entrés dans un cycle de l’éphémère. Autrefois, il y avait dix restos à Paris où vous vouliez absolument dîner. Il y en a peut-être 150 aujourd’hui.

Est-ce si négatif ?

Ce bouillonnement dilue l’image de la cuisine française à l’étranger. A Londres ou à Copenhague, votre choix est plus rapide et plus sûr. Je pense que l’inflation des «grandes tables» à Paris participe à la décote de la capitale française dans les «grands classements» internationaux. Là où la télé prétend stimuler ce secteur d’activité, elle ne fait que l’enterrer. Car elle le met sur une fausse route.

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