Chocolat Marou succès story de deux Français – à la source des meilleures fèves de cacao du Vietnam

28 avril 2018  1  F&S LIVE
 

signature-food-and-sens  Il y a maintenant 7 ans Samuel Marouta et Vincent Mourou ont mis en commun une idée qui va les mener à créer un des meilleurs chocolats au monde. Aucun des deux n’étaient dans la filière cacao, par contre épicuriens et amoureux de la nature, ils sont tombés sous le charme du Vietnam et ont découvert que l’on produisait du cacao sur place et que celui-ci n’était pas valorisé alors même qu’ils avaient sous les yeux une production presque artisanale et d’une qualité assez unique.

Ils se sont donc mis à imaginer de créer un chocolat 100% fabriqué avec des fèves de cacao récoltées au Vietnam, installés à Ho Chi Minh ( Saigon ), ils avaient à proximité d’eux dans cette région du sud et à portée de main le cacao nécessaire pour réaliser ce qui allait devenir une succès story.

Leur démarche depuis le début est écologique et respectueuse de l’environnement, maîtriser l’ensemble de la filière depuis la production jusqu’à la tablette ( bean-to-bar ), mais il faudra apprendre car les deux associés sont novices dans ce métier. Un de deux est plus marketing et l’autre plus finance, ce qui fait qu’ils forment un couple d’entrepreneurs idéal pour lancer la marque MAROU contraction de deux syllabes de leurs deux noms.

Pour eux la qualité du chocolat passe par la culture du cacao, la sélection des fèves, la torréfaction, l’assemblage, jusqu’à la tablette de chocolat. Et aujourd’hui même au-delà puisque MAROU commercialisent leurs tablettes, assurent la vente au détail et aux professionnels, et aujourd’hui les deux associés ont même crée deux boutiques, une à Saigon, l’autre à Hanoï où ils transforment leurs tablettes comme de vrais artisans chocolatiers en chocolats et en pâtisseries.

Samuel Marouta est parti au Vietnam en mai 2007 pour le compte de la Société générale après un cursus classique, à Sciences Po puis à l’Essec, c’est dans le delta du Mékong que sa vie a basculé. « Tout s’est joué pendant les vacances de février 2010 », désireux d’explorer le pays en scooter, il quitte Hô-Chi-Minh-Ville pour un long week-end avec l’un de ses amis, Vincent Mourou, qui travaille à l’époque dans la publicité. Les deux garçons tombent à Bà Ria sur une petite ferme familiale qui produit du cacao. Ils y achètent quelques kilos de fèves.

À l’approche de la quarantaine, ils ont envie de créer leur propre entreprise. Ils envisagent un moment de se lancer dans le trading de matière première agricole. Mais leur gourmandise va contrecarrer ces plans. Le soir même, les deux complices tentent, en effet, de « faire » du chocolat. Ils torréfient les fèves sur la gazinière de Samuel. Puis, mélangeant du sucre de canne au cacao, ils mixent le tout pendant des heures au point de casser leur robot. « Ma femme n’était pas très heureuse de l’état dans lequel on avait mis la cuisine. Notre chocolat était encore très grumeleux, mais son arôme… exceptionnel ! «  explique Samuel Maruta au magasine Le Point.

Ce premier essai leur donne envie de recommencer. À mesure qu’ils affineront leur recette, les deux expatriés vont vite imaginer en faire leur métier. Ils démissionnent de leurs métiers respectifs pour créer leur fabrique de chocolat. Ils s’installent au printemps 2011 dans un faubourg de l’ancienne Saigon, et mettent en production leurs premières tablettes.

Emballé dans un joli papier kraft imprimé par leurs soins, leur chocolat noir ne tarde pas à être repéré par les esthètes. Nommés « jeunes espoirs » au Salon du chocolat 2012. Ils ciblent les épiceries de luxe et les palaces des quatre continents. Après avoir percé en Europe, ils partent à la conquête des États-Unis, puis du Japon dès l’année suivante. Samuel Maruta, franco-japonais, s’y meut en ambassadeur du cacao vietnamien, peu connu du grand public. Et pour cause ! Importée en Indochine par les Français au XIXe siècle, la culture de cet arbre d’origine sud-américaine représente moins de 0,5 % de la production mondiale.

Quatre ans plus tard, Samuel et Vincent produisent près de quarante tonnes de chocolat par an. Une trentaine de personnes travaillent à la fabrique. Aujourd’hui, leur petite entreprise fait vivre une vingtaine de familles de fermiers qui cultivent, de manière « raisonnée », des parcelles de moins de trois hectares.

Après avoir appris le vietnamien, les deux Français sont passé à la vitesse supérieure en plantant 4 000 cacaoyers sur les hauts plateaux où on cultivait jusque-là le caoutchouc. Ils ont identifié un terrain de cinq hectares boisés sur lequel ils travaillent de manière respectueuse de l’environnement.

Vincent Mourou et Samuel Marouta avec le chef Jacques Pourcel Richard Toix et Constantin

F&S s’est rendu dans leur boutique au cœur de ville de Saigon, le magasin dédié à leurs chocolats est installé dans une ancienne bâtisse édifiée en 1910 en face du marché central d’Hô-Chi-Minh-Ville. Ici, toute la journée c’est le défilé permanent de visiteurs et de clients, on vient déguster un chocolat chaud, déguster une pâtisserie mise au point par la jeune chef …. Et on repart avec les fameuses tablettes de chocolat qui vont partir dans les valises des nombreux amateurs de chocolats qui se pressent pour découvrir le travail fait par les équipes de MAROU.

Les pâtisseries proposées à la boutique sont réalisées sur place dans le mini atelier intégré à la boutique, au fur et à mesure qu’elles sont vendues, elles sont re-fabriquées par les jeunes équipes de pâtissiers.

Dans un secteur en pleine révolution qualitative, le chocolat MAROU est un exemple, le chocolat de pure origine représente une niche dans marché qui tire vers le haut, depuis quelques années le chocolat a fait son entrée dans l’univers du luxe. La journaliste Lawrence Osborne du New York Times considère le chocolat MAROU comme le meilleur chocolat au monde, les fèves de cacao trinitarios et criollos produites dans le district de Tân Phu Dông de la province Tiên Giang, dans le delta du Mékong sont rares et d’un arôme exceptionnel, il n’en fallait pas plus pour séduire le marché américain.

Les deux associés, ces Faiseurs de Chocolats, interpellent par leur simplicité et leur sincérité, le chocolat MAROU c’est leur bébé, ils l’ont imaginé, conçu et élevé au rang des meilleurs chocolats au monde, mais tout ça ne leur fait pas tourner la tête au contraire. D’ailleurs, ils en parlent avec passion, tout en gardant une oreille attentive à ceux qu’expriment les visiteurs, comme si chaque jours après 7 ans ils continuaient a apprendre laissant encore une petite place au doute, cette petit doute qui évite de croire que tout est définitivement acquis.

À lire le reportage de RFI – cliquez ICI – Le Point cliquez ICI

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