Quand l’Ispahan de Pierre Hermé rencontre le Cronut de Dominique Ansel à New York
Du 23 au 26 juillet, la Dominique Ansel Bakery de Soho à New-York accueillera une collaboration réunissant deux figures majeures de la pâtisserie contemporaine : Pierre Hermé et Dominique Ansel. L’événement, présenté sous le titre Paris in New York, prendra la forme d’une capsule éphémère imaginée avec Valrhona, autour de trois créations exclusives disponibles uniquement dans la boutique new-yorkaise.
Le symbole est fort. D’un côté, Pierre Hermé, maître des associations aromatiques, dont l’Ispahan est devenu l’un des goûts signatures les plus identifiables de la pâtisserie française contemporaine. De l’autre, Dominique Ansel, chef français installé à New York, devenu célèbre dans le monde entier avec le Cronut®, cette hybridation entre croissant et doughnut qui a marqué l’histoire récente de la pâtisserie virale. Entre les deux, Valrhona, partenaire chocolatier historique de nombreux chefs, joue ici le rôle de trait d’union entre technique, matière première et imaginaire gourmand.

La création la plus attendue sera sans doute l’Ispahan Cronut®, rencontre directe entre les deux univers. Le feuilletage iconique de Dominique Ansel y accueille la signature de Pierre Hermé : litchi, rose et framboise. La viennoiserie hybride se pare ainsi d’une ganache au litchi, d’une confiture de framboise, d’un fondant à la rose et d’un pétale de rose fraîche. Autrement dit, l’un des desserts les plus célèbres nés à New York se laisse traverser par l’un des accords les plus emblématiques de la pâtisserie parisienne.

Deux autres créations complètent cette capsule. Le Paradoxe Entremets, recette originale de Pierre Hermé, célèbre les quarante ans de Guanaja, le chocolat noir 70 % de Valrhona, à travers une construction associant sablé et praliné au sarrasin, biscuit chocolat moelleux, chocolat Guanaja travaillé avec poudre de soja et fleur de sel, puis mousse au chocolat noir. Enfin, le Flan Infiniment Chocolat prolonge une autre obsession herméenne : celle d’un chocolat profond, presque total, ici sous la forme d’un flan pâtissier très crémeux, infusé au chocolat noir 80 % République Dominicaine de Valrhona, entouré d’une pâte brisée et terminé par une nougatine au grué de cacao.
Au-delà de la simple opération à quatre mains, cette collaboration raconte quelque chose du moment actuel de la pâtisserie. Les frontières circulent plus vite que jamais, les signatures deviennent des langages, les desserts iconiques se croisent et s’hybrident. L’Ispahan n’appartient plus seulement à Paris, le Cronut® n’appartient plus seulement à New York : tous deux deviennent ici des territoires communs, réinterprétés le temps d’un pop-up où la rareté joue évidemment son rôle.
Disponible seulement quatre jours, de 8 heures du matin jusqu’à épuisement des stocks, cette capsule a tout pour provoquer la file d’attente que New York connaît si bien. Mais derrière l’effet d’annonce se lit surtout une rencontre cohérente entre deux pâtissiers qui ont, chacun à leur manière, transformé un dessert en signe culturel. Pierre Hermé a élevé l’association de goûts au rang de langage. Dominique Ansel a prouvé qu’une pâtisserie pouvait devenir un phénomène mondial. À Soho, pendant quelques jours, leurs univers se rejoignent autour d’une même idée : la pâtisserie reste l’un des rares arts capables de voyager si vite, tout en gardant intacte la précision du geste.

















