Alexandra Cousteau : « sauver les océans et la planète est encore possible! » – F&S était présent au congrès « Encuentro de Los Mares » à Tenerife

20 juillet 2023  0  F&S LIVE
 
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Alexandra Cousteau : « sauver les océans et la planète est encore possible!« 

TenerifeAlexandra Cousteau est la nouvelle lauréate du prix Sartún, la récompense par laquelle le congrès « Encuentro de los mares » récompense chaque année le travail d’individus ou d’organisations œuvrant en faveur de la préservation des océans.

Fille de Philippe Cousteau et petite-fille de Jacques-Yves Cousteau, officier de marine français, explorateur et biologiste marin qui nous a ouvert les yeux et éveillé nos consciences sur le thème de la grande bleue avec ses expéditions sur la Calypso, Alexandra Cousteau perpétue l’héritage familial en faisant de la conservation des océans sa mission.

Suivant les traces de son grand-père, elle a mené de nombreuses expéditions pour mieux comprendre les problèmes qui affligent les océans et, en 2018, a lancé OCEANS 2050, un programme mondial de foresterie océanique visant à récupérer les côtes perdues par la plantation et la gestion des forêts marines.

Également conseillère principale d’Oceana, la plus grande ONG internationale de défense des océans, elle est aussi exploratrice du National Geographic depuis 2009 et directrice, avec sa mère Janice et son frère Philippe, d’EarthEcho International, fondée en 2000 dans le but d’inspirer les jeunes du monde entier à agir pour un avenir durable.

En recevant le prix, A. Cousteau s’est dite « très honorée pour cette reconnaissance et fière de participer à un congrès qui allie science et gastronomie autour de la protection de la mer. » En fait, comme elle même l’a affirmé, la sauvegarde des océans ne rime pas nécessairement avec le choix de ne pas consommer du poisson car « cela pourrait signifier pour quelqu’un de renoncer à un plaisir ou à une partie de sa propre culture. » Les chefs, par contre, ont pour elle un rôle très important à cet égard. Ils doivent changer la donne et lutter contre la surpêche et la pêche invasive, en choisissant de proposer des espèces invasive ou des poissons moins demandées et en éduquant les convives à une consommation plus consciente.

« Si les chefs se réunissaient, ils pourraient devenir une force pour la régénération des mers » a déclaré l’activiste, qui leur a également demandé de choisir « très soigneusement l’origine du poissons qu’ils achètent, » en tenant compte, entre autres, des engins et des techniques de pêche utilisées.

Défenseuse de la réduction des rejets et des quotas qui permettent aux espèces de se régénérer pour assurer leur avenir et celui de l‘industrie de la pêche, elle a également déclaré que le déni du changement climatique et de la manière dont il affecte l’augmentation de la température des mers et des océans peut s’avérer très dangereux. Pour cela l’avancée des partis d’extrême droite en Europe est pour elle très inquiétante.

« L’un des premiers objectifs des institutions devrait en effet être la régénération de la flore et de la faune marines d’ici 2050 » avec des actions telles que la création de fermes d’algues pour la décarbonisation de la mer: une initiative qui est aussi génératrice d’emplois et de retombées économiques.

Lors de son discours elle a également rappeler la figure de son grand-père, en affirmant que « l’océan qu’il a connu au début de ses expéditions n’existe déjà plus. Les océans étaient très différents lorsqu’il a commencé à enquêter et, au cours des 40 dernières années, nous avons déjà perdu la moitié de la vie marine qu’il a pu observer.« 

C’est d’ailleurs pour cette raison que, lorsque sa fille est née en 2011, Alexandra Cousteau n’a plus eu de doutes. Craignant que ses enfants ne puissent pas avoir la possibilité de profiter du même océan dont elle et son grand-père ont pu profiter par le passé, elle a décidé de tout faire pour reconstituer l’abondance marine d’ici 2050.

Cependant, même s’il est de plus en plus nécessaire de sensibiliser les citoyens à la protection de l’environnement, la militante a invité les journalistes présents à éviter les gros titres sensationnalistes sur le sujet car «cela ne fait que créer une grosse angoisse climatique. Il suffit de penser que si on demande à une jeune fille si elle souhaite ou non avoir des enfants dans le futur, il y a un bon 40 % de possibilités qu’elle réponde négativement,» ajoute-t-elle. « Mais si nous nous donnons déjà pour condamnés, nous le serons inévitablement, alors qu’au contraire, il est important de comprendre qu’il est encore possible, avec l’aide de l’instruction, des institutions, des chefs et de la technologie, de sauver notre planète et d’atténuer les conséquences des dommages qui lui ont déjà été causés.« 

Par Lorena Lombardi

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