Veillée Foodstock à la Rotonde, par Le Fooding (Paris)

21 mai 2016  0  À la petite cuillère
 

signature-food-and-sensLes beaux jours font mine de revenir (on est tout de même le 20 mai) et Le Fooding nous offre une petite soirée gourmande autour de la rotonde de la Villette, œuvre de l’architecte visionnaire Nicolas Ledoux. J’ai faim. Qu’est-ce qu’ils nous ont mitonné de bon ?

frites affiche

Chic ! Des frites !
Zut, erreur — Coupez !
On la refait : c’étaient les frites du marché bio qui se tient juste en face, organisé par la Confédération paysanne. Rien à voir avec le Fooding. Suis-je distraite.

bassin

Les deux événements se tiennent côte à côte au bord du bassin de la Villette, où je capte cette belle lumière parisienne de fin de journée.

Ledoux

Pour trouver l’entrée de la veillée Foodstock, se diriger vers la rotonde. La tendance des festivités est vite captée : végé, vegan, sans gluten, mais rassurez-vous : no limits sur la bibine. On va voir ça d’un peu plus près.

soya1

soya2

Soya, cantine bio, a préparé une assiette entièrement veggie aux couleurs vives et aux saveurs fraîches : mezzé végétal, crackers (de graines de lin) et chips de légumes crus.

hotdog végé

Aucune condition médicale ne m’interdisant la saucisse fabriquée à partir d’animaux morts, rien ne me pousse spontanément vers les hot-dogs végétariens, fussent-ils du Tricycle. Je ne vous en ferai donc pas le compte rendu.

lobsterrolls

Voici Noglu et ses petits plats sans gluten. Ce lobster roll est trop mimi, on lui ferait des bisous. Mais si la farce au homard est excellente, le pain, tout petit qu’il soit, est lourd et sec. Trop de pain.

poulet taku

Le meilleur plat, c’est l’aile de poulet rôtie à la citronnelle de Taku Sekine (restaurant Dersou). De la vraie bouffe qui se mange. Les ailes de poulet ont été mijotées dans un fond à la citronnelle puis dorées au four. C’est appétissant, c’est bon, ça ne s’appuie pas sur une peur de la nourriture. (Que les vrais intolérants et allergiques alimentaires ne prennent pas ombrage de mes paroles, je pense aussi à eux et mes remarques ne les concernent pas.)

jameson

Le grand sponsor, ce soir, c’est Jameson, le whiskey irlandais. Trois cocktails à base de ce breuvage sont proposés : un gingembre-citron vert, un avec Kahlua (liqueur au café), et une création Dersou nommée James, son of a beer. On y trouve, outre du Jameson, du sirop de bière, du miel, de l’absinthe et du jus de citron. james 

Franchement, je ne suis pas fan. Le goût manque d’équilibre : trop de sucre, trop de douceur, pas assez de mordant. On peut dire cela de tous les cocktails de ce soir (oui, j’ai goûté à tout, c’est parce que je me dévoue) : archisucrés. Ce n’est pas la faute des barmen de la soirée, c’est une tendance. D’ailleurs, si je peux me permettre cette réflexion, l’association de cette nourriture saine et vertueuse qui ira au paradis (végé, vegan, no gluten, no produits laitiers, no lactose, no viande, no poisson, etc.) à des cocktails où le sucre coule à flots me paraît manquer de cohérence : où est vraiment la diététique dans tout ça ?
(Soit dit en passant, j’en entends ici et là qui déplorent aussi l’absence de vin.)

cake

Un petit dessert ? Le cake vegan aux graines de chia de My Free Kitchen vous tend les bras. Texture et goût agréable (les graines de chia donnent du moelleux), saturé d’eau de fleur d’oranger, il n’y a pas de quoi traverser Paris, mais les pâtissiers sont si gentils que je leur tire le portrait.

MyFreeKitchen

Au feu 1

au feu 2

On a fait deux petits feux dans des vasques de fer. Et on a planté un agent de sécurité incendie à côté de chaque vasque, extincteur à portée de main. Tant qu’à faire, on aurait carrément pu mettre le camion de pompiers. Ce genre de détail symbolise parfaitement l’époque, et c’est en harmonie parfaite avec la nourriture castrée : l’excès de précaution nous dénature la moindre expérience, la dépouille de sa réalité même. Une chose est certaine : sur ces feux, personne ce soir ne fera griller merguez ni côtes de bœuf.

En sortant, j’ai faim, je me demande bien pourquoi. Alors je retourne à la mégateuf de la Confédération paysanne, parce qu’il y a des frites. Pommes de terre bio, fabrication par papy et mamy venus de leur terroir, friture au blanc de bœuf, portion généreuse : il est rare de manger de telles frites à Paris. Avec une bière blonde bio brassée en Normandie, voilà ce qu’il fallait pour conclure la soirée.

frites1

À la petite cuillère
Textes et photos : Sophie Brissaud

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