Montpellier – Nouveautés de Millésime bio


Cette 33ème édition du salon international Millésime bio (du 26 au 28 janvier https://www.millesime-bio.com/fr/ ), toujours au Parc des Expos, réunit 1340 exposants, vignerons mais aussi brasseurs, producteurs de cidres et de spiritueux . Parmi les nouveautés 2026, les producteurs sont regroupés selon leur pays d’origine, des espaces spécifiques sont dédiés à la biodynamie, aux cidres, aux bières et aux spiritueux. Tables rondes, master class, conférences, on retrouve par ailleurs un programme riche et l’espace dégustation incontournable (dit le Bar) présentant les cuvées médaillées du Challenge Millésime Bio, le concours qui précède le salon de quelques semaines (A l’aveugle : 1700 vins de dix pays, 152 bières biologiques de France et de Belgique. 454 vins médaillés, 42 bières, 3 « sans alcool » et 450 dégustateurs !)

Sur ma première journée, comme la veille à la traditionnelle soirée de l’association de vigneronnes Vinifilles, je me suis attachée à trouver 4 blancs, tout juste créés mais surtout avec un profil aromatique exceptionnel, à vous de goûter !

Domaine les Vignes de l’Amandier (Claire Arnal, 69430 Régnié)
Clarita, 100% Sauvignac
C’est à peine la troisiéme feuille pour cette vigne plantée par Claire Arnal au cœur des crus du beaujolais à Régnié. « Je voulais pouvoir me passer de traitement ou presque » dit-elle séduite par ce cépage résistant. Sur un sol très granitique les raisins ont donné en 2024 un vin très gourmand, ample et charnu, à l’aromatique entre chèvrefeuille et poire, avec une touche de sucrosité peut-être venue du passage en fût pour la moitié de ce jus tendre. C’est vraiment intéressant (prix public 15 euros), le 2025 s’annonce plus strict et plus tendu. A suivre.

Clos de l’Anhel (Sophie Guiraudon, 11220 Val de Dagne)
Trois hectares seulement épargnés par l’incendie du 5 août dernier qui a ravagé les Corbières. Sophie Guiraudon en aurait rendu son tablier. Et puis une bande de festivaliers ont chipé sécateurs et seaux pour d’un coup d’un seul vendanger syrah, carignan et grenache qu’elle vinifie en blanc de noirs ! « L’endeman est né d’une énergie » confie-t-elle. Un jus bien campé en terroir occitan mais totalement atypique, filant et tendu, minéral à souhait, très net sur des saveurs de rocaille et de fruits blancs, la mise sera faite fin février (12 euros)… il faut goûter !

La Croix Gratiot (Anaïs et Yves Ricome, 34530 Montagnac)
Attention innovation. Souvenir d’un voyage en Italie où ils sont tombés amoureux de vins conçus en jarre, père et fille tentent l’expérience avec un bourboulenc à la vendange parfaite en 2024 : Baila Morena est une explosion de petites fleurs blanches (seringa, jasmin du Mexique) qui électrise les papilles avec sa pointe de miel de fleur. La bouche surprend d’allant et de tendresse (26 euros). Bienvenue dans l’antre de la jarre de grès. Un des vins les plus séduisants de ma journée.

Château de Rey (Famille Sisqueille, 66140 Canet en Roussillon)
Ici, entre vue sur la Méditerranée et le Canigou, on explore toujours. Témoin ce muscat d’Alexandrie baptisé le Banc vinifié en macération carbonique et élevé en jarre de grès. On reconnait le cépage au nez, avec un supplément d’agrume vert, c’est net et franc. La bouche sans sucrosité convoque la rose ancienne et un grain de poivre blanc en finale (14 euros). Une cuvée qui doit intéresser les sommeliers.
Par Sylvie TONNAIRE


















