Bons baisers du Touquet-Paris-Plage, entre brises du nord et marées, élégance, lumière et grand air
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Immersion iodée au Touquet-Paris-Plage – station balnéaire posée dans une forêt, sous les brises du Nord – le temps de la Réunion Nationale des Relais&Châteaux
Touquet-Paris-Plage, la plus britannique des stations balnéaires françaises avec un art de vivre bien défini qui n’appartient qu’aux Touquettoises et Touquettois. Un art de vivre défini par l’histoire de la cité…
Un décor de carte postale. Le Touquet-Paris-Plage, c’est d’abord la lumière : claire, saline, douce. La lumière figure dans la devise de la ville « Fiat Lux, Fiat Urbs » (Que la lumière soit, que la ville soit). Puis il y a la forêt, la mer… et la douceur

Au commencement était un notaire qui plante une forêt dans les dunes. L’histoire est née lorsque un certain notaire parisien achète des centaines d’hectares de dunes sauvages sur lesquelles il va planter en 1837 une forêt de pins maritimes aujourd’hui emblème de la station, peupliers, aulnes destinés à fixer les dunes pour les rendre exploitables… Il s’appelait Alphonse Daloz. Il va façonner le paysage de ce coin de la Côte d’Opale, qui n’était qu’un désert de sable battu par le vent. Cette forêt va devenir l’âme du futur Le Touquet-Paris-Plage qui va attirer promeneurs et promoteurs…

Alexandre Daloz meurt en 1885, juste avant l’explosion touristique du Touquet. Il avait planté la forêt et dompté les dunes ; d’autres allaient désormais imaginer la station.
Des Anglais inventent une station mondaine. À la fin du XIXᵉ siècle, les terres passent aux mains d’un entrepreneur visionnaire : John Whitley. Cet Anglais flamboyant comprend immédiatement le potentiel de ce coin encore presque secret de la côte d’Opale. L’époque est idéale : l’aristocratie britannique adore traverser la Manche pour ses villégiatures, et la nouvelle bourgeoisie française cherche des stations balnéaires élégantes. Dans un esprit furieusement britannique, il construit hôtels de luxe, casinos…


Les premières villas anglo-normandes vont pousser comme des champignons. Whitley rêve grand. Il veut créer une station internationale, une sorte de rendez-vous mondain entre Paris et Londres. Il baptise l’endroit Le Touquet-Paris-Plage, un nom habile qui promet aux Anglais la proximité de Paris et aux Parisiens l’air du large. La station devient le théâtre mondain entre mer et forêt, d’une Europe de la Belle époque, insouciante, légère, joyeuse, joueuse. Les Anglais ont trouvé leur terrain de sport et leur ville de plaisance et de plaisir.

Cachées au milieu des arbres, les villas de la forêt sortent de terre. Elles ont chacune leur style, leur architecte, leur histoire, leurs secrets. la première a être construite, en 1910, surement la plus célèbre aujourd’hui s’appelle… Nirvana. C’est l’architecte Albert Pouthier qui a signé cette construction, comme il signera d’autres villas balnéaires. La villa appartient toujours à la même famille. Elle raconte l’histoire d’une famille, d’une forêt et d’une station. elle est inscrite au titre des monuments historiques.

Des résidences de vacances apparaissent dans la forêt plantée par Daloz : chalets anglo-normands, maisons Arts & Crafts, demeures extravagantes entourées de pins. Les architectes s’en donnent à cœur joie. Chaque villa doit être différente, presque théâtrale, avoir un style bien défini et s’inscrire dans cette bourgade qui pourrait être le lieu de tournage d’un film chabada bada dans un décor naturel avec casino, hippodrome, grands hôtels, terrains de golf, grands bourgeois, princes et princesses. Naturellement, rapidement, Le Touquet devient un terrain de jeu et une scène de théâtre mondain, posé entre la mer et la forêt, pour l’aristocratie européenne élégante et insouciante. On y croise des maharadjahs, des sultans, des princes russes, des lords britanniques et les grandes familles parisiennes qui se défient aux tournois de polo et de tennis. Et jouent aux casinos. Les jeux étant interdits en Angleterre, lords et ladies traversent la Manche et viennent se divertir et parier librement. Ils adorent les concours d’élégance, les compétitions de polo, les fêtes qui rythment leur séjour. Ces années ont marqué la station qui garde un je ne sais pas d’insouciance et de légèreté, d’excentricité et d’élégance So British.

Au début du XXᵉ siècle, la station est à son apogée. On la surnomme “la perle de la côte d’Opale” ou encore “la station la plus britannique de France”. Les élégantes descendent sur la plage en robes longues, les hommes jouent au golf dans la brume légère venue de la mer, et les soirées se terminent au casino. Suite à un concours d’affiche, la station trouve son mythique emblème, le caddy dont la silhouette s’impose fièrement avec le drapeau symbolique du golf. Depuis la station vit à un rythme de croisière… entre la marché, la plage, le golf, la marche sous la pluie.

Nous arrivons un dimanche après-midi. Après des kilomètres entre rivière et prairies humides. Nous entrons en un monde suspendu entre hier et aujourd’hui. Calme et silence rassurant enveloppent la ville, sous une lumière particulière, la lumière du nord qui caresse les villas cossues aux murs blancs, aux toits rouges et balcons ouvragés, aux volets clos qui protègent les souvenirs de familles. Nous nous faufilons entre les dunes, les bruyères et les pins, les façades des commerces de gaufres et de conserves de sardines, de Vestes Barbour et de sacs Longchamp. Même les voitures se font discrètes, pas de moteurs qui vrombissent, non elles roulent en silence, à faible vitesse.
Ici règnent en majesté l’élégance, la discrétion et une certaine légèreté, le vent qui façonne les dunes, qui fait murmurer le silence. Nous découvrons avec ravissement les villas illustres qui ont héberger des personnages célèbres : Villa Mad Cap, Villa Lambins-Lalanne, Villa Rodney Hut.


Dans les rues, fort appel à la gourmandise, le parfum des gaufres chaudes chatouillent le nez, les cornets de glaces sont furieusement tentatrices. Sur la plage, si on tend bien l’oreille, on peut entendre les conversations feutrées qui se font sous les tentes, les murmures de la mer qui va et vient, monte et descend au rythme des marées, le vol des mouettes en escadron. Harmonie rassurante.



Le bonheur de découvrir au bout de la rue, la plage qui s’étire sur 12 kilomètres sous les brises du nord, qui déposent un parfum de sel sur les joues et sur les lèvres, le sable tiède sous les pieds, le cri des mouettes au-dessus de la tête, le rire des enfants comme une musique, le vent salé sur la peau. Elle fait défiler des tentes et des cabines de bain.





Il y a aussiun hôtel de ville, une église, au style néo-roman…
Aujourd’hui, de belles maisons survivent dans les pins ou entre les immeubles modernes qui bordent le front de mer, deux casinos, des boutiques au noms et à la décoration surannée de la vieille Angleterre si proche, des parcs et des jardins, la plage et la gastronomie iodée qui célèbre cette mer qui danse, et généreusement offre coquillages et crustacés, poissons et algues. Gastronomie et gourmandise font partie du patrimoine du Touquet.
Un week-end au Touquet ce sont des gifles revigorantes d’air vif et salé, c’est se perdre à vélo dans la forêt, respire au rythme des marées et des parapluies, et une plongée avec détente garantie dans une ville si sage.


















