Brexit – Quand le coût du breakfast anglais s’envole

27 juillet 2017  2  Dossiers F&S Eat Nomad
 

signature-food-and-sens Quand le coût du breakfast anglais s’envole – Des nouvelles de Londres – Passant mon été à Londres, la foodista que je suis ne pouvait ignorer la toute récente étude du cabinet de conseil et d’audit KPMG UK. Elle prédit en effet une montée du coût du sacro sain fry-up, ou petit-déjeuner british typique, constitué d’aliments frits. Explications.

Stupeur et tremblements du côté de l’Angleterre, depuis que les premiers effets délétères du BREXIT commencent à se faire sentir. En effet, le cabinet d’audit et de conseil KPMG UK a publié ce 10 juillet une estimation anticipée de la très probable montée du coût des aliments clés constitutifs d’un authentique breakfast anglais. Et oui, l’un des principes de l’Union Européenne étant le libre-échange, voici que les Anglais s’apprêtent à subir l’inévitable revers de la politique isolationniste du Royaume, dont la majorité électorale a voté en faveur d’une sortie de l’UE. Car une fois sorti de cette zone interne de libre circulation des denrées, et faute d’un accord spécifique avec l’Union Européenne, le Royaume Uni sera désormais soumis aux règles tarifaires usuelles dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Du coup, le coût du petit-déjeuner à l’anglaise risque d’augmenter ; qui, des œufs frits, du bacon, des saucisses, des tomates, des champignons ou du pain frit, s’en sortira au meilleur prix ? Selon KPGM, il apparaît que l’ensemble de ces ingrédients devrait connaître une hausse de l’ordre de 12,8%. Sans accord de libre-échange commercial ou autre accord transitoire signé entre l’UE et le Royaume, le breakfast anglais devrait donc désormais coûter 26,61 livres sterling dans « le panier-type du foyer moyen », au lieu des 23,59 livres sterling actuels, et ce, avant ou à partir de mars 2019, date fatidique de la sortie effective du Royaume de l’UE.

Pour réaliser ses calculs, KPMG a pris en compte plusieurs facteurs : le coût des ingrédients du fameux fry-up dans la première chaîne de supermarchés du Royaume Uni ; les droits de douane actuellement en vigueur dans l’UE en ce qui concerne les produits importés depuis les pays tiers ; et la marge du revendeur. Il a sans doute également incorporé la baisse de la livre sterling sur le marché des changes, une éventuelle augmentation du coût des transports, et une anticipation du ralentissement potentiel du PIB britannique.

Selon KPMG UK, donc, les prix des œufs, du pain et du lait devraient rester stables, puisqu’ils sont fabriqués directement au Royaume Uni. En revanche, ceux du jus d’orange, de l’huile d’olive et du beurre pourraient quant à eux connaître une hausse significative. Le jus d’orange étant importé d’Espagne, il devrait atteindre une hausse de 34% ; pour l’huile d’olive, issue de l’Italie ou de la Grèce, elle enregistrerait pour sa part une hausse de 30% ; le beurre, venu de France ou du Danemark, verrait sa hausse augmentée de 25%. Pour ce qui est du bacon et des saucisses, le prix du premier pourrait augmenter de 9%, celui des secondes de 20%…

Pour relativiser quelque peu cette hausse, notons que le rapport précise que « ces autres ingrédients ont été intentionnellement importés, afin de démontrer » les effets de l’absence d’un accord de commerce. De plus, les taxes douanières mises en place par l’OMC restent modiques.

Qu’on se rassure : si son coût pourrait augmenter légèrement, le breakfast anglais a encore de beaux jours devant lui. Disons que pour les voyageurs en herbe que nous sommes, le BREXIT n’est sans doute pas la meilleure invention des Anglais…

                                                                                                                                          Anastasia Chelini

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