Gaggan va interdir les téléphones et limiter sa salle à 15 couvert : un “reset” de la table en 2026

Gaggan Anand a annoncé un changement net pour 2026 : son restaurant à Bangkok va devenir une adresse à 15 places, avec un repas pensé comme une séquence longue, 180 minutes, et une règle qui frappe immédiatement l’époque : pas de téléphone, pas de photo pendant la majeure partie de l’expérience.

Le sujet avait d’ailleurs déjà évoqué le sujet sur Gastromasa, il semble qu’il va maintenant passer le cap retour sur son intervention ici > L’expérience Gaggan Anand : l’anti-restaurant comme art de vivre

Le chef ne nie pas l’utilité des réseaux sociaux. Il dit même qu’ils soutiennent les restaurants, qu’ils rendent les chefs visibles, qu’ils alimentent l’activité. Mais il décrit un effet secondaire devenu central : à force de “poster”, le restaurant a perdu une part de sa tension, de sa concentration, de son intimité. La table s’est transformée en décor, parfois en preuve, souvent en contenu.

Sa réponse est une décision de cadre. Interdire l’écran, ce n’est pas punir le client. C’est protéger l’attention. Revenir à un principe simple : un dîner se vit au présent, se retient, se raconte ensuite, sans passer par la validation immédiate de l’image. La règle vise à remettre le bouche à oreille au centre, et à restaurer une forme de silence utile, celui qui permet d’écouter une salle, une cuisine, un rythme.

La réduction à 15 places va dans le même sens. Plus la salle est petite, plus chaque détail compte. La proximité impose une autre relation : moins d’anonymat, plus d’engagement, plus de précision. Le chef parle d’évolution, de transformation permanente, et assume le pari. Son message est limpide : 2026 sera une année de rupture, “maintenant ou jamais”.

Au passage, il annonce aussi des mouvements autour de ses autres projets : une ouverture en Inde en 2026, et des évolutions pour certaines de ses maisons existantes. Mais l’essentiel est ailleurs. Le cœur de l’annonce tient dans une phrase implicite : si la cuisine veut rester un art vivant, elle doit parfois reprendre le contrôle de la scène.

Guillaume Erblang / Food&Sens

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