Food & Sens a revisité à sa sauce le fameux questionnaire de Proust. En version culinaire bien sûr, histoire de cuisiner les chefs avant qu’ils ne passent aux fourneaux…
Le Mas Bottero compte aujourd’hui parmi les meilleurs restaurants de Provence. Aux portes du Luberon, à Saint-Cannat, à dix minutes d’Aix-en-Provence, cette maison lumineuse réunit sous un même toit un restaurant gastronomique étoilé au Michelin et une boutique gourmande, comme un concentré de Sud pensé autour du produit, du jardin et des producteurs.
Salle entièrement repensée en 2025, grande table d’hôtes en cèdre massif du Luberon, terrasses ouvertes sur le jardin aromatique et le poulailler : ici, le décor prolonge le paysage provençal et donne le ton d’une adresse où la nature n’est jamais loin de l’assiette.
Aux commandes, le chef Nicolas Bottero s’est forgé un parcours solide avant de signer sa propre lecture de la Provence. Diplômé de l’École hôtelière de Grenoble, il fait ses premières armes au sein de grandes maisons : le Negresco à Nice auprès de Michel Del Burgo, le Louis XV à Monaco chez Alain Ducasse, puis chez Michel Bras à Laguiole où se confirme son attrait pour la terre, le végétal et la cuisine de marché. Il revient ensuite dans l’univers Ducasse à La Bastide de Moustiers, au cœur d’une auberge avec potager, où cueillettes au jardin et menus écrits au jour le jour achèvent de forger sa sensibilité. En arrière-plan, il y a aussi les marchés provençaux découverts enfant aux côtés de sa grand-mère, ces étals de légumes, d’asperges et de fruits qui orienteront pour de bon son choix de vie.
En 2017, il choisit donc de s’ancrer durablement en Provence en ouvrant le Mas Bottero à Saint-Cannat. Sa cuisine, personnelle, raffinée et généreuse, rend hommage au terroir régional et au savoir-faire des producteurs avec lesquels il travaille au quotidien : légumes et herbes du jardin, agneau des Alpilles, poissons de Méditerranée, fromages de la ferme du Brégalon, huiles d’olive et vins soigneusement sélectionnés. Menus de saison déclinés en plusieurs temps, formule déjeuner inspirée du marché, possibilité de versions végétales sur réservation : tout y est pensé afin de coller au rythme des saisons et au meilleur des produits…
Votre Madeleine de Proust – Les petits farcis de ma grand-mère, dans son plat en terre, on se battait avec mes frères pour éponger l’huile d’olive au fond, le goût de la vie.
Un fruit – La figue.
Une bouteille – Un Saint-Joseph blanc de chez Pierre Gonon.
Une herbe aromatique – La tagète.
Une épice – Le curry madras.
Un dessert – La tarte à la praline.
Un produit que vous refusez de cuisiner – Le thon rouge.
Un geste quotidien pour la planète – Le tri de mes déchets, assez poussé.
Le mot d’encouragement à votre brigade – “Allez, c’est bien, on continue comme ça !”
Un parfum – J’aime bien le parfum du matin au printemps, l’odeur des fleurs sauvages au début…
Une musique – Californication des Red Hot Chilli Peppers.
Une exigence – La régularité.
Un Chef mentor – Alain Ducasse.
A qui aimeriez-vous ou auriez-vous aimé faire goûter votre cuisine ? A ma grand-mère paternelle.
Propos recueillis par Julie Garnier