MOF 2026 : les nouveaux Meilleurs Ouvriers de France dévoilés à Lille

Ce jeudi 8 octobre, au Lycée Hôtelier International de Lille, les candidats de la 28e session de l’examen « Un des Meilleurs Ouvriers de France » ont enfin découvert le verdict, au terme de plusieurs journées d’épreuves consacrées à la cuisine, au service et aux arts de la table, à la sommellerie et au bar. La tension était palpable au moment d’appeler les lauréats, devant les jurys, les familles, les professionnels et les nombreux élèves mobilisés tout au long de cette finale.

Avant la proclamation, les différentes prises de parole sont revenues sur ce que représente réellement ce titre. Derrière le col bleu-blanc-rouge se trouvent des années de travail, la maîtrise d’un geste, la précision, la persévérance et cette capacité à recommencer jusqu’à atteindre le niveau recherché. Mais la soirée a également beaucoup parlé de transmission.

Une dimension particulièrement forte à Lille, où les élèves du lycée hôtelier ont passé plusieurs jours au contact de quelques-uns des professionnels les plus reconnus de la restauration française. Une séance de dédicace pour les élèves du lycée a même été effectuée avant l’annonce des résultats.

Le proviseur de l’établissement à résumé cela par une phrase qui aura marqué la cérémonie : « L’excellence n’est pas seulement un résultat, c’est un état d’esprit. »

La classe Cuisine, Présidée par Alain Ducasse, était naturellement l’une des plus attendues. Quarante-deux candidats avaient atteint la finale après les sélections organisées au printemps. Treize d’entre eux ont finalement été déclarés admis, une promotion particulièrement importante au regard des précédentes sessions.

  • Noël Bérard
  • David Charrier
  • Alexis Decoret
  • Mathieu Derible
  • Marie Gricourt
  • Rudy Langlais
  • Paul Marcon
  • Margaux Moisière
  • Ludovic Nardozza
  • Loïc Renand
  • Yoshitaka Takayanagi
  • Kévin Vaubourg
  • Samuel Victori

L’émotion aura été particulièrement forte à l’annonce des noms de Marie Gricourt et Margaux Moisière, qui deviennent respectivement les troisième et quatrième femmes de l’histoire à décrocher le titre de MOF dans la classe Cuisine, après Andrée Rosier et Virginie Basselot. Yoshitaka Takayanagi devient pour sa part le deuxième Japonais à obtenir cette distinction. Les noms se sont succédé sous les applaudissements, parfois accompagnés de larmes, jusqu’à Samuel Victori, dernier candidat appelé sur scène.

Marie Gricourt
Margaux Moisière

La Sommellerie vivait elle aussi une édition particulière. Emmanuel Cadieu et Edmond Gasser ont obtenu le diplôme à l’issue de la dernière session présidée par Philippe Faure-Brac. Après vingt-six années à la tête de cette classe, le Meilleur Sommelier du Monde 1992 referme ainsi un long chapitre consacré à la construction et à l’évolution de cet examen. Quelques heures avant le verdict, il rappelait encore que le métier avait profondément changé, intégrant désormais les boissons sans alcool, les thés, les cafés ou les kombuchas aux fondamentaux historiques du vin et du service.

Dans la classe Maître d’Hôtel, service et arts de la table, présidée par Antoine Pétrus, deux professionnels rejoignent également la nouvelle promotion : Pauline Gachet et Anthony Tirone. Et dans la classe Barman, présidée par René Delvincourt, Lucas Gacitua-Petit décroche à son tour le titre de Meilleur Ouvrier de France. Au total, dix-huit nouveaux lauréats issus de ces quatre métiers de la restauration auront donc été distingués au cours de cette soirée lilloise.

Pauline Gachet

Cette finale aura également rappelé tout ce que l’examen représente au-delà de son palmarès. Pendant plusieurs jours, les candidats ont travaillé sous le regard de jurys particulièrement exigeants, accompagnés par des élèves qui ont pu observer au plus près les gestes, les méthodes de travail et parfois le doute de professionnels arrivés au terme d’un parcours de plusieurs années. Plusieurs jeunes auraient même confié à leurs enseignants vouloir, un jour, tenter à leur tour l’aventure. Sans doute l’un des résultats les plus précieux de ces journées.

Car le titre ne récompense pas uniquement la performance réalisée lors d’une finale. Il engage aussi ceux qui l’obtiennent. À plusieurs reprises au cours de la cérémonie, les intervenants ont insisté sur cette responsabilité : transmettre à son tour, accompagner les générations suivantes et continuer à faire évoluer son métier sans renoncer à ses fondamentaux. Cuisine, sommellerie, service ou bar partagent finalement la même exigence : celle de ne jamais considérer un savoir-faire comme définitivement acquis.

Lorsque les derniers noms ont été prononcés, la tension a laissé place aux embrassades, aux photos, aux regards échangés avec les familles et les équipes. Pour les nouveaux MOF commence désormais une autre histoire. Pour ceux qui n’ont pas été appelés, la soirée n’efface évidemment ni le travail accompli ni le niveau nécessaire pour parvenir jusqu’à cette finale.

Félicitations aux dix-huit nouveaux Meilleurs Ouvriers de France de cette 28e session, mais également à l’ensemble des finalistes qui auront accepté de se confronter à ce niveau d’exigence.

Photos by Guillaume Erblang

Voir les commentaires (1)

  • belle présentation de Food et Sens, félicitations.
    Une seule chose qui manque le lieu où travaille ces nouveaux MOF. je n'en connais aucun (aucune)
    Je suis de la promotion 1972 , 8 reçus dont quelques pointures, Vergé, Chapel, Orsi , Girerd etc ,( pour la première fois un professeur de cuisine, Robert Genou un fin saucier avec lequel j'ai travaillé cheze Maxim,s
    Bravo à ces nouveaux MOF, et pour les autres courage la prochaine promotion est dans 3 ans i`l suffit tellement pour louper( moi j'y suis allé deux fois en 1968? 4 reçus je pense ne pas me tromper

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