Les vignes de Bourgogne au coeur des spéculations financières

 La presse s’en est fait largement l’écho dans les premiers jours de janvier, en Bourgogne dès qu’un vignoble est en vente, les spéculations vont bon train. La rareté des terroirs, la qualité des vins produits, l’histoire qui a marqué cette région, la réputation internationale des crus… tout cela fait des envieux, à tels points que les transmissions familiales deviennent compliquées et que la possibilité pour les Bourguignons à pouvoir acquérir des terres s’éloigne chaque année un peu plus.

Lisez l’article de l’Afp repris par Chalenges.fr qui explique comment la situation risque de se compliquer. Ciiquez sur le LINK pour retrouver l’article original.

Le milliardaire américain qui fait flamber le prix des vignes en Bourgogne

Le chiffre donne le tournis. Le milliardaire américain Stan Kroenke aurait racheté le domaine de la famille Bonneau du Martray pour 100 millions d’euros. Un montant qui pourrait bien faire s’envoler les cours des parcelles viticoles de Bourgogne. 

Faute d’héritiers repreneurs, les propriétaires d’un prestigieux domaine viticole bourguignon ont contacté dix acheteurs potentiels sur la planète. Et c’est un milliardaire américain, propriétaire du club de football d’Arsenal, qui a dépensé une fortune pour 11 hectares de grands crus.

Une transaction à 100 millions d’euros

Le montant exact de la transaction du domaine Bonneau du Martray, dont les vignes s’étendent sur la fameuse colline de Corton près de Beaune, reste un secret bien gardé. Selon un porte-parole de la famille Le Bault de la Morinière, propriétaire du domaine depuis près de deux siècles, il est « très, très élevé ». Le chiffre de 100 millions d’euros circule chez les vignerons locaux.

 » Vous êtes loin de la réalité « , a répondu laconiquement à  le porte-parole des vendeurs, interrogé sur cette somme considérable pour 11 hectares, même d’un seul tenant – une rareté il est vrai dans le vignoble bourguignon où les parcelles sont très éclatées.

Basé à Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), le domaine Bonneau du Martray produit exclusivement deux grands crus très réputés : Corton Charlemagne (blanc) et Corton (rouge), essentiellement vendus à l’étranger. Mais avec quatre frères propriétaires, sexagénaires et sans enfant tenté par une reprise, la vente s’est avérée inéluctable.  » Quand la famille Le Bault de la Morinière a décidé de mettre en vente, son conseil est entré en contact, à l’échelle mondiale, avec les dix personnes susceptibles d’acquérir le domaine « , explique le porte-parole de la famille.

A l’issue de ce tour de table planétaire, a été retenue la meilleure offre : celle de l’homme d’affaires américain Stanley Kroenke, 69 ans, également propriétaire de plusieurs clubs sportifs aux États-Unis, ainsi que de domaines viticoles en Californie, dont le réputé Screaming Eagle dans la Napa Valley. Sa fortune est évaluée à 7,7 milliards de dollars au dernier classement Forbes.

Le cours du vignoble n’a jamais été aussi haut

La société de Stan Kroenke détiendra 80% du capital et la famille Le Bault de la Morinière 20%. Considérée comme  » la première transaction de cette ampleur  » en Bourgogne, la nouvelle a créé « un événement sur la Côte » – celle de Beaune – et a « surpris » le secteur, le président du Bureau interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB), Louis-Fabrice Latour.

 » Il y a un intérêt des investisseurs car le cours du vignoble n’a jamais été aussi haut et les taux d’intérêt bas favorisent cet intérêt grandissant t« , estime-t-il, tout en relativisant cet engouement pour la Bourgogne car il ne se réalise « pas tant de transactions que ça ».  » Hors famille, environ 1,5% du domaine viticole change de main chaque année « , précise-t-il. Après la vente du château de Gevrey-Chambertin à un investisseur chinois en 2012, pour huit millions d’euros, deux autres ventes avaient déjà marqué: en 2014, le château de Pommard (20 hectares) a été racheté par un patron de la Silicon Valley, Michael Baum, tandis que le groupe LVMH acquérait le Clos des Lambrays. 

« Respect de la tradition bourguignonne »

Dès 1985, la Maison Louis Jadot avait été rachetée par son importateur américain, la famille Kopf. M. Latour s’est dit « rassuré » par le profil de « professionnel du vin » de M. Kroenke, dont les domaines californiens figurent parmi les plus chers du monde. « Il va respecter la tradition bourguignonne », juge-t-il.

Le futur gérant de Bonneau du Martray, Armand de Maigret, l’assure :  » nous sommes des viticulteurs et pas une machine marketing ». « C’est une propriété qui partage la même philosophie que la nôtre en Californie, basée sur la qualité des terres et des vins ». « Notre travail va consister à maintenir le domaine en ajoutant de petites astuces californiennes et en transférant quelques astuces bourguignonnes en Californie « .

AFP

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