Guy Savoy : « J’avais un peu de rébellion en moi pour rester sur ma voie »
A l’occasion de son entrée sous la Coupole de l’Académie des Beaux-Arts le chef Guy Savoy s’est exprimé sur son parcours, et son immense joie de voir la gastronomie reconnue comme un art à part entière.
« Même dans mes rêves les plus fous, je ne pouvais pas imaginer ça, on ne peut pas l’imaginer. Parfois, même très souvent depuis que je suis à la Monnaie de Paris, je disais : j’ai la chance de voir l’Institut et j’espère pouvoir bénéficier des effluves. Désormais, moi qui nourris des convives depuis plus de 50 ans, on va enfin me nourrir. Parce que j’ai bien l’intention de me laisser nourrir par tous ces talents, par tous ces génies, par tous ces artistes.«
« C’est une avancée formidable pour la cuisine, une avancée formidable pour l’art de vivre à la française. Il y a quelque chose à la fois de vertigineux et de valorisant pour tous nos métiers, parce que ça ne s’arrête pas qu’à la cuisine. Moi, j’inclue tout ce qui fait la richesse de notre gastronomie : les boulangers, les pâtissiers, les charcutiers, les confiseurs, les vignerons, les fromagers. Tout ce qui fait la singularité de la France et que nous envie la planète entière. Il fallait qu’une personne l’incarne. Mais je suis conscient que je porte toute cette richesse de la gastronomie au plus haut niveau, puisque reconnue par les artistes. «
« Aujourd’hui, bien sûr, je pense à ma maman Léonie et à mon papa. Et, étonnamment, je pense aussi à tous ceux qui n’ont pas cru en moi. Au lycée de Bourgoin, quand je disais aux profs que je voulais cuisiner, on me prenait pour un con et certains psychologues prétendaient que je n’étais pas fait pour un métier manuel, encore moins l’alimentation. Pour que ça revienne à ma mémoire aussi fort, j’ai dû considérablement souffrir à l’époque. Heureusement, j’avais un peu de rébellion en moi pour rester sur ma voie. «