Des milliers de bougies impuissantes pour veiller sur les vignes et lutter contre le gel

  Semaine de désespoir et de rage pour les vignes.

Des bougies par milliers pour borner et protéger le chemin de croix des vignes, des flammes qui vacillent, des flammes qui réchauffent les pieds de vigne, les bourgeons qui ont cru au printemps et se sont « enflammés », leurrés par la chaleur et le soleil, sous la poussée de la  sève ils sont sortis impatients de tutoyer le soleil, de se gorger de lumière et de chaleur pour donner le meilleur d’eux-mêmes plus tard. Ils se savaient fragiles mais avaient oublié que la nature reste le dernier maitre qui décide et que le gel fait partie des aléas, des risques et périls de la vie des vignes et de ceux qui les cultivent.

Aujourd’hui les bourres et les toute jeunes feuilles sont grillées, cramées, sont noires comme la suie que dégagent les bougies et maculent les mains des vignerons impuissants devant ce fléau,  les bourgeons ne verront ni le printemps ni l’été. Les bougies dégainées comme espoir, remède et incantation n’ont pas suffi pour réchauffer, sauver ces petits bourgeons naissants, fragiles.

Les nuits de gel violent laissent des vignerons tristes, désespérés, malheureux, impuissants devant les difficultés de cette année particulièrement « horribilis », des vendanges perdues, furieusement réduites. Certains domaines ont perdu 90% de leur production à venir, tous ont une immense émotion quand ils regardent ces bourgeons qui il y a quelques jours promettaient venaient juste de sortir de leur dormance, étaient annonce de rameaux lourds, de grappes et de vin, mais aujourd’hui sont morts. Pas de grains pas de vin.

Les caves sont lourdes de bouteilles qui n’ont pas pris le chemin des restaurants et des bars… La récolte de l’année sera très légère. Les braseros ont été impuissants devant le gel. Ils ont coloré, donné de la flamboyante au ciel mais n’ont pu empêcher le gel de brûler les bourgeons.

Syndicats, appellations, régions s’organisent pour venir en aide à cette profession durement touchée et sauver une filière d’excellence. Des aides ont été demandées à l’Etat, le Président Emmanuel Macron promet de ne pas oublier les vignerons sinistrés et active avec les ministres concernés les outils pour éviter que des domaines disparaissent. Au-delà des aides, il faudrait réfléchir à des mesures pour protéger les productions nationales de vin, fruits et légumes, céréales… Aucune région n’a été épargnée. Le CIVL comme les autres conseils interprofessionnels réagit. « Dans un contexte économique difficile marqué par la crise sanitaire, la fermeture du secteur de la restauration, les taxes Trump sur les USA… cet événement climatique particulièrement brutal fragilise plus encore la filière viticole française. Dans notre région, le gel a frappé jusque dans des secteurs habituellement protégés », constate Miren de Lorgeril, présidente du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL).

 

Food&Sens a des pensées de soutien pour tous ces vignobles de France qui ont souffert de cet épisode catastrophique, ont lutté de toutes leurs forces avec des bougies, des braseros, des bottes de foin pour tenter de sauver leur travail, leur domaine, leurs terres. Pour les aider, nous pouvons tous commander chez les vignerons, rendre visite à nos cavistes préférés.

 
 
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