Le territoire comme matière première
Au plus profond de la Provence une exposition est installée en un village au nom magique qui évoque le sud, la pierre brûlante, le chant des cigales et le soleil, un val d’enfer époustouflant où le vent raconte l’histoire d’un rocher seigneurial…
Les Baux-de-Provence entretiennent depuis toujours une relation avec la pierre et la sculpture. Ici, la pierre n’est pas seulement utilisée pour bâtir ; elle se fait œuvre. Quand des artistes taillent le calcaire des Alpilles. L’ensemble du village est souvent décrit comme « sculpté dans la roche », une roche qui aurait vu pousser, émerger de sa masse, au fil des siècles, un château, une église, des maisons, des places et des ruelles.
L’exposition « La Pierre en Résonance » a investi les rues du village et le château avec des sculptures monumentales taillées dans la pierre locale, créant un dialogue entre l’art contemporain et la mémoire minérale des lieux. Les œuvres monumentales d’Audrey Guimard sont nées de la roche. Elles se glissent fièrement entre les vestiges de la forteresse, du château au coeur du village, se dressent en véritables gardiennes de la tradition des sculpteurs qui depuis la nuit des temps libèrent la roche pour en faire des forteresses, des murailles, des temples et des arènes, des palais et des œuvres d’art.
Audrey Guimard, accompagnée par la galerie Amelie du Chalard, met en scène la pierre dans tous ses états. Ses oeuvres rendent hommage aux civilisations disparues, aux oeuvres antiques. Elles sont des conversations avec le passé, le temps, la mémoire. Lignes sobres, volumes épurés, simplicité cachent un travail minutieux pour raconter ces hommes qui taillaient déjà la pierre des carrières historiques de Sarragan et de Fontvieille. L’artiste retrouve et perpétue les gestes ancestraux et les fait se rencontrer avec l’art d’aujourd’hui. Ses promenades, déambulations entre carrières, pierres de construction, vestiges architecturaux sont les moments d’inspiration. Elle interroge la mémoire de la pierre, des pierres et des lieux et écrit l’histoire de manière contemporaine.
L’exposition “ La Pierre en Résonance” s’ancre dans le territoire et vient dialoguer avec lui : à travers une série de sculptures monumentales, l’artiste Audrey Guimard compose un parcours, une invitation à ralentir, ressentir et observer le village.
« J’ai imaginé chaque oeuvre comme un point de tension entre permanence et mutation, et Château des Baux-de-Provence différemment. L’exposition ne s’impose pas au paysage : elle l’écoute, l’accompagne et le révèle. Chaque sculpture agit comme une chambre d’écho, amplifiant la relation entre le corps du visiteur, l’histoire du lieu et les forces qui l’ont façonnée, offrant une expérience à la fois sensible, poétique et profondément ancrée dans le territoire entre poids et vibration, densité et transparence, réceptacle et fragment. » Audrey Guimard
Du coeur du village aux vestiges du château, elle installe 7 oeuvres monumentales, fontaines et totems en pierre blonde, laiton et verre, qui semblent surgir émerger, sortir de la terre et non posées là depuis peu. Non elles semblent être là depuis la nuit des temps, appartenir à l’histoire des Baux. Les sculptures d’Audrey Guimard à travers l’exposition « La Pierre en Résonance » confirme la place des Baux comme un site patrimonial, un lieu de création et de mémoire.
Les Baux-de-Provence : un site exceptionnel perché sur un éperon rocheux des Alpilles. Le nom rappelle l’importance fondamentale de la pierre calcaire dans l’histoire des Baux : les maisons, les remparts, le château et même l’identité du village sont intimement liés à la roche dont il est issu. La pierre est partout, dans les murs des maisons collées-serrées les unes aux autres, dans les volées de marches usées, dans les ruelles qui serpentent. Elle joue avec le soleil et la lumière, se fait blonde quand l’astre est au zénith, argentée sous les étoiles.
Ainsi le village devient carrière, atelier, galerie, lieu d’exposition, musée à ciel ouvert, sous les étoiles et le ciel au bleu unique. Ici la pierre est façonnée, sculptée depuis plus de mille ans par les artistes de la massette et du ciseau.
L’éternité de la pierre, les hommes passent, le temps passe, la pierre demeure. Le nom de Baux-de-Provence provient de l’occitan bauç qui signifie « en aplomb », « falaise » ou « escarpement rocheux ». Le rocher escarpé a servi de résidence dès le néolithique et dès l’époque romaine les habitants des Baux se spécialisent dans l’extraction et le travail de la pierre. Au XIXè, l’activité des carrières de calcaire se développe sur toute la commune pour alimenter la construction des nouveaux centres urbains. De nombreux bâtiments abandonnés sont réutilisés ou démantelés afin de récupérer les pierres.
La Pierre en Résonance – Une exposition d’oeuvres monumentales d’Audrey Guimard aux Baux-de-Provence – Du 4 juin au 31 octobre 2026