Quelques nouvelles des fourneaux et des médias. Certaines réjouissent, d’autres interrogent, d’autres encore laissent indifférent. C’est le principe même des brèves de chef : capter ce qui traverse la restauration ici et maintenant, sans hiérarchie artificielle, sans emphase inutile. Une photographie fragmentée d’un secteur en mouvement, fait d’annonces internationales, de distinctions, de prises de parole, de transmissions, d’événements collectifs et de trajectoires individuelles.
Le restaurant Noma dans la tourmente, quand l’excellence masque la violence, scandale, témoignages et zones d’ombre
Longtemps érigé en modèle d’avant-garde et de rigueur, le restaurant Noma se retrouve aujourd’hui confronté à une série de témoignages évoquant pressions extrêmes, humiliations, épuisement physique et silence interne. Derrière l’image d’une excellence célébrée par les classements internationaux, plusieurs anciens collaborateurs décrivent un climat où la performance aurait parfois pris le pas sur l’humain. Au-delà d’un établissement emblématique, c’est tout un système qui est interrogé : celui d’une haute gastronomie construite sur l’intensité, la hiérarchie verticale et la glorification du sacrifice. La crise dépasse ainsi le cas individuel et relance un débat plus large sur les conditions de travail, la transmission et la responsabilité des figures de proue d’un secteur en mutation.
Lido 84 ferme ses portes : la fin d’un chapitre pour les frères Camanini
La nouvelle a surpris tout le monde : le restaurant Lido 84, adresse emblématique de Riccardo et Giancarlo Camanini à Gardone Riviera, ferme après douze années d’activité et une reconnaissance internationale constante, notamment portée par le classement The World’s 50 Best Restaurants. Considéré comme l’un des restaurants italiens les plus influents de sa génération, malgré une unique étoile Michelin souvent jugée insuffisante par ses soutiens, Lido 84 s’était imposé par une cuisine d’auteur lisible, capable de créer des plats devenus références tout en renouvelant sans cesse son propos. Au-delà de l’assiette, le lieu – posé au bord du lac de Garde – participait à son identité et à son pouvoir d’attraction. Les spéculations ont rapidement évoqué d’éventuels problèmes liés au bail ou à la localisation, mais la municipalité de Gardone a confirmé le renouvellement automatique du contrat de location fin 2025, écartant cette hypothèse. Les Camanini, fidèles à leur discrétion, n’ont pour l’instant pas précisé les raisons de cette décision, laissant planer le mystère sur la suite de leur trajectoire.
Grégoire Berger accueille Alain Prost chez Kraken
Le chef Grégoire Berger a reçu au restaurant Kraken, à Dubaï, une figure légendaire du sport automobile : Alain Prost. Quadruple champion du monde de Formule 1, surnommé « The Professor » pour son intelligence stratégique et sa précision en course, Alain Prost a marqué durablement l’histoire de la discipline. Le chef a salué ce moment comme un véritable honneur, remerciant son hôte pour ses mots d’appréciation et pour l’intérêt porté à son travail. Une rencontre entre haute gastronomie et excellence sportive, sous le signe du respect et de la performance.
Mory Sacko en résidence au Mandarin Oriental Tokyo
Une nouvelle génération de chefs français redessine les contours de la table contemporaine. Mory Sacko incarne cette dynamique en mêlant racines afro-françaises, technique japonaise et énergie parisienne dans une cuisine façonnée par le dialogue des cultures. À la tête du restaurant étoilé MoSuke à Paris, il porte une vision ouverte, construite sur la collaboration et le mouvement entre les mondes. Du 20 au 22 février 2026, il sera l’invité du restaurant Signature au Mandarin Oriental Tokyo pour une série de dîners exclusifs, proposant une lecture actuelle de la gastronomie française à travers un prisme global. Une rencontre entre Paris et Tokyo, autour d’assiettes pensées comme des passerelles culturelles.
Heston Blumenthal atteint désormais six étoiles Michelin
Dans une récente publication, Heston Blumenthal revient sur l’ouverture de The Fat Duck en 1995, rappelant qu’il n’imaginait pas alors décrocher trois étoiles. Il espérait simplement en obtenir une, un jour, sans chercher la grandeur pour elle-même, mais avec l’ambition d’être compris dans sa démarche. Trente ans plus tard, le chef britannique totalise six étoiles au Royaume-Uni et une à Dubaï, auxquelles s’ajoutent celles obtenues par ses différentes maisons, portant son parcours personnel à neuf étoiles Michelin. Il a salué les équipes de The Fat Duck, Dinner by Heston Blumenthal, The Hind’s Head et Dinner by Heston Blumenthal Dubai, distinguées lors de la cérémonie Michelin 2026 à Bray et à Londres. Une trajectoire qui témoigne d’une constance rare, passée de l’expérimentation singulière à une reconnaissance institutionnelle durable.
Le Guide Michelin célèbre l’Arabie saoudite
Gwendal Poullennec a salué l’édition inaugurale de la cérémonie du Guide Michelin en Arabie saoudite, organisée à Riyad, marquant une étape structurante pour la scène gastronomique du Royaume. De Djeddah à AlUla, les inspecteurs ont recensé 21 cuisines distinctes, témoignant d’une diversité en pleine expansion et d’un attachement fort aux traditions locales. Au total, 51 restaurants intègrent désormais le Guide, dont 11 Bib Gourmands et 40 établissements recommandés. Une sélection qui illustre l’évolution rapide du paysage culinaire saoudien et l’ambition portée par la Culinary Arts Commission de structurer et valoriser ce développement.
Le Moulin de Cambelong durement touché par les crues, la décrue révèle l’ampleur des dégâts
Les crues ont frappé le Moulin de Cambelong à Conques, laissant derrière elles un établissement lourdement impacté. À mesure que l’eau se retire, les dégâts apparaissent, touchant un lieu qui incarne depuis son installation une vision engagée de l’hospitalité en Aveyron. Nous adressons tout notre soutien aux chefs Émilie et Thomas Roussey dans cette épreuve. Installé dans un ancien moulin restauré, blotti dans la verdure, l’établissement défend un art de vivre écoresponsable, profondément ancré dans son territoire. Leur restaurant gastronomique E&T, récompensé d’une étoile Michelin en 2024, propose une cuisine de saison fondée sur la traçabilité, le respect du vivant et le dialogue avec les producteurs locaux. Chaque assiette raconte le paysage aveyronnais, entre sincérité, précision et engagement. Aujourd’hui, au-delà de l’émotion, c’est tout un projet de territoire qu’il faudra reconstruire.
L’éducation à l’alimentation a toute sa place à l’école
À quelques jours de l’examen à l’Assemblée nationale de la proposition de loi visant à rendre obligatoire l’éducation à l’alimentation, 82 chefs et personnalités – parmi lesquels Olivier Roellinger et Nina Métayer – appellent à un engagement politique fort et à un financement public structurant. Pour eux, l’alimentation constitue un pilier indissociable de la santé publique et de l’égalité des chances, au même titre que l’éducation physique. Les chiffres sont sans appel : la mauvaise alimentation représente 125 milliards d’euros de dépenses de santé annuelles et accentue les inégalités sociales dès l’enfance, l’obésité étant près de quatre fois plus fréquente dans les milieux modestes. Les associations signataires, actives depuis deux décennies en milieu scolaire, avancent des résultats mesurables : découverte de nouvelles saveurs, meilleure implication en classe, capacité accrue à identifier une assiette équilibrée ou à adopter des habitudes alimentaires plus responsables. Malgré ces impacts concrets, elles dénoncent l’absence de financements publics pérennes, qui limite l’ampleur de leurs actions et les contraint à dépendre de soutiens privés souvent temporaires. À travers cette loi, les signataires plaident pour la création d’un fonds dédié permettant un déploiement universel et durable de l’éducation alimentaire, en particulier dans les territoires les plus fragiles. Au-delà d’un enjeu pédagogique, ils y voient un choix de société engageant santé publique, finances publiques et souveraineté agricole.
The World’s 50 Best Restaurants 2026 se tiendra à Abu Dhabi en Novembre
L’organisation des World’s 50 Best Restaurants a annoncé que l’édition 2026, sponsorisée par S.Pellegrino & Acqua Panna, sera accueillie à Abu Dhabi en novembre prochain. La capitale des Émirats arabes unis, reconnue pour son patrimoine, son hospitalité et la diversité croissante de sa scène culinaire, deviendra ainsi l’épicentre d’un événement qui façonne chaque année la cartographie mondiale de la gastronomie. Un programme complet d’événements, soutenu par le Department of Culture and Tourism Abu Dhabi, précédera la cérémonie au cours de laquelle sera dévoilé le classement 2026. Une nouvelle étape stratégique pour une organisation qui poursuit son ancrage dans les grandes capitales émergentes de la haute cuisine.
Bocuse d’Or Europe : la victoire se construit collectivement
Une victoire française ne se prépare jamais seul. Elle repose sur un candidat d’exception, une équipe engagée… et un soutien élargi. Pour viser le sommet européen au Bocuse d’Or, chaque détail compte : un centre d’entraînement optimisé, un encadrement d’experts en préparation mentale et en coaching technique, des conditions de travail à la hauteur de l’exigence du concours. La cagnotte ouverte permet de financer directement ces leviers stratégiques. En soutenant l’équipe, chacun devient acteur de la compétition et contribue à défendre un savoir-faire français reconnu dans le monde entier. Une médaille se gagne sur scène, mais elle se prépare collectivement.
Douze ans aux côtés de Yannick Alléno, un chapitre se referme
C’est la fin d’un cycle de douze années marquées par les rencontres, les créations et l’exigence. Du Meurice à la conquête des deux fois trois étoiles avec Alléno Paris et Cheval Blanc Courchevel, le parcours s’est construit dans la durée, au rythme des ouvertures et des projets structurants : le développement du Pavillon Ledoyen, la naissance de L’Abysse puis de Pavyllon Paris, avant l’aventure du chocolat Alléno & Rivoire. Un itinéraire dense pour un chef pâtissier engagé dans une recherche constante d’équilibre et de précision. La page se tourne, avec la promesse de nouvelles explorations créatives à venir.
Ørjan Johannessen en résidence avec Christophe Raoux au Royal Champagne
Le Royal Champagne a accueilli le chef norvégien Ørjan Johannessen, Bocuse d’Or 2015 et chef du restaurant Mirabelle en Norvège, pour deux temps forts culinaires soutenus par le Norwegian Seafood Council sur le thème du Skrei (Poisson d’amour) à quelques jours de la St-Valentin : un dîner gastronomique suivi d’un déjeuner orienté comfort food norvégienne. Ce rendez-vous ont donné lieu à des échanges techniques nourris, à une mise en avant précise des produits de la mer nordiques et à une expérience saluée par les convives. Reconnu pour son humilité et sa maîtrise, Ørjan Johannessen défend une cuisine structurée, généreuse et ancrée dans son territoire, entre fjords et paysages maritimes. La rencontre a été placée sous le signe du partage et de l’exigence, portée par des équipes de salle et de cuisine pleinement mobilisées.