Le BIO à toutes les sauces – agriculteurs et chefs cuisiniers s’élèvent contre l’industrialisation du Bio
Et oui le BIO est un marché à fort potentiel et lucratif, donc les industriels de l’agro-alimentaires se lancent dans cette filière, le bio doit forcément coller aux saisons, mais les culture mises en place en serres montrent le contraire…
02 juin 2019
±3min
Et oui le BIO est un marché à fort potentiel et lucratif, donc les industriels de l’agro-alimentaires se lancent dans cette filière, le bio doit forcément coller aux saisons, mais les culture mises en place en serres montrent le contraire… le BIO perdrait il son âme ?
Avec des ONG, ils dénoncent le développement « de projets de grande ampleur de légumes bio produits sous serre chauffée ».
Ils dénoncent un risque d’« industrialisation » de l’agriculture bio, notamment pour les fruits et légumes. Des agriculteurs bio, appuyés par des ONG et des chefs cuisiniers, lancent mercredi 29 mai une pétition. « Non à l’industrialisation de la bio ! Pas de tomate bio en hiver », s’exclame la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), avec la Fondation Nicolas Hulot (FNH), Greenpeace et Réseau Action Climat, dans une tribune publiée par Libération.
L’objet de leur colère : le développement « de projets de grande ampleur de légumes bio produits sous serre chauffée », qui se font jour, en particulier en Bretagne et dans les Pays de la Loire, et qui entraînerait la production de fruits et légumes hors saison, a expliqué la FNAB à l’AFP. Les agriculteurs bio n’avaient jusque-là pas recours à cette pratique, ou alors de manière très marginale, selon la FNAB, qui craint, dans cette pétition, « de retrouver sur les étals de la tomate bio française en plein mois de mars. Une aberration gustative, agronomique et environnementale ! ».
La FNAB entend ainsi convaincre le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume de « lutter contre l’industrialisation de la bio en limitant le recours au chauffage des serres à la production de plants et au maintien hors gel », d’ici au prochain comité national de l’agriculture bio, prévu le 11 juillet. Avant le lancement de cette pétition, la FNAB et la Confédération paysanne avaient claqué la porte du comité bio de l’interprofession des fruits et légumes (Interfel) la semaine dernière, protestant contre l’élection comme corapporteur d’un « défenseur affiché d’une agriculture d’une agriculture biologique industrialisée. »
« La crainte de nouveaux acteurs qui viendraient perturber ce marché »
Interfel a regretté « qu’une organisation rompe le dialogue interprofessionnel à l’issue d’une élection. » « Interfel n’est absolument pas favorable à un système de serres chauffées en agriculture biologique toute l’année. Elle rappelle simplement que le règlement européen autorise le chauffage des serres » en agriculture biologique, indique-t-elle dans un communiqué. « Pour autant, elle ne s’oppose pas à une évolution possible de ce guide de lecture, dans le respect du cadre communautaire », ajoute-t-elle.
« On est pour des règles qui soient équivalentes dans tous les pays. Il ne faut pas qu’on arrive à une disparition de facto de la production nationale par des contraintes qui feraient qu’effectivement, on ne soit plus compétitifs », a déclaré à l’AFP le président d’Interfel, Laurent Grandin. « On a les ‘historiques’, dans le développement de la bio, qui ont fait un travail remarquable et ont créé les conditions d’un marché », poursuit Laurent Grandin, pour qui il y a de leur part « une crainte que de nouveaux acteurs, qui utiliseraient des moyens différents, viennent peut-être perturber ce marché. »
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