Des pourboires aussi pour les cuisiniers ?… Même à l’étranger la question se pose.
Pourboires dans la restauration – déjà un problème par facile à aborder, alors quand il s’agit d’aborder la part des pourboires à donner à la cuisine, c’est toujours sujet à friction.
15 déc. 2016
±5min
Pourboires dans la restauration – déjà un problème par facile à aborder, alors quand il s’agit d’aborder la part des pourboires à donner à la cuisine, c’est toujours sujet à friction. Alors bien sûr en fonction des Directeurs de salle, la cuisine peut recevoir une partie des pourboires plus où moins grande, ou ne pas en recevoir du tout.
Dans certains restaurants le partage se fait au point ( pourcentage ), une partie des pourboires que laissent les clients revient à la cuisine, qui très souvent ( en fonction du bon vouloir du chef ) entre dans une cagnotte qui servira ensuite à prendre des repas en commun pour les équipes de cuisine, à une distribution, ou par exemple à l’acquisition de couteaux de cuisine…
Ce sujet est toujours sensible, car même si aujourd’hui le principe d’équivalence de salaire en fonction du grade que ce soit en cuisine ou en salle prévôt, il n’en demeure pas moins que les équipes de salle avec les pourboires s’arrondissent largement les fins de mois. Une rémunération qui échappe la plupart des fois à l’impôt et qui s’apparente donc à un supplément de salaire net.
La logique voudrait que les pourboires soient partagés à parts égales entre le personnel de salle et le personnel de cuisine, car il va de soi, que si le client laisse des pourboires, c’est qu’il est satisfait autant de la qualité des mets, que de la qualité du service et de l’accueil. Mais dans la réalité les choses sont différentes, le personnel de cuisine n’a que rarement une part des pourboires.
Un sujet donc que peu de personnes dans la profession évoque clairement, les propriétaires des établissements laissant le soin aux directeurs de gérer le problème, les directeurs de restaurants suivent des situations qui existent depuis des décennies et n’ont pas forcément envie de changer, et les chefs eux réclament mais ne sont pas écoutés. Même si les choses changent depuis quelques années, notamment avec l’évolution des mentalités, le partage à part égale entre la salle et la cuisine n’est pas ou peu appliquée.
F&S a déniché un article qui vient de paraitre au Québec, où même si la législation est différente (puisque le service est ajouté en pourcentage de l’addition), le problème des pourboires pour la cuisine est posé.
Un pourboire pour le cuisinier ?
Quebec le 12 décembre 2016 – Un cuisinier d’expérience qui affirme que les conditions de travail des employés de cuisine ne se sont pas améliorées depuis deux décennies lance l’idée que les clients d’un restaurant puissent laisser un pourboire au cuisinier s’ils sont satisfaits de leur repas.
Patrice Gosselin aimerait que les clients aient la possibilité sur leur facture de laisser une part de pourboire pour le service et une autre destinée aux employés de la cuisine.
«Les cuisiniers n’ont pas vraiment de reconnaissance depuis une vingtaine d’années. En pensant à ça, je me suis dit qu’en séparant le pourboire et en donnant le choix au public, on aurait peut-être une certaine reconnaissance», a affirmé M. Gosselin en entrevue à Mario Dumont.
Le cuisinier plaide ainsi pour un partage «plus juste» du pourboire afin d’équilibrer les salaires.
«Les cuisiniers travaillent beaucoup d’heures et, en bout de ligne, ce sont les serveurs qui font le plus d’argent», dénonce-t-il, ajoutant que 92% des diplômés en cuisine abandonnent le domaine après cinq ans.
Pas réaliste – De son côté, l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) estime que l’idée est irréaliste, affirmant que les clients n’accepteraient certainement pas de voir leur facture gonflée par ce nouvel ajout.
« Ça ne semble pas réaliste. Le premier élément dont on doit tenir compte c’est de se demander si le client a la capacité de dépenser plus en ajoutant une nouvelle contribution pour donner du pourboire aux cuisines. […] C’est sûr que les clients vont trouver ça irritant et il faut comprendre que, depuis 2011, les Québécois ont réduit de 6% leurs dépenses au restaurant « , affirme François Meunier, porte-parole de l’ARQ.
Le regroupement des restaurateurs reconnaît toutefois la différence parfois majeure entre le salaire des serveurs et celui des employés de cuisine.
« C’est vrai qu’il y a un problème dans la rémunération des gens de la cuisine. Un serveur gagne en moyenne 26$ l’heure tandis que les gens de cuisine sont payés 16-17$ l’heure. Il n’est pas rare de voir des cuisiniers gagner presque autant que les serveurs, mais ils vont faire deux fois plus d’heures », ajoute M. Meunier. Actuellement, le salaire minimum pour les employés au pourboire est de 9,20$ alors qu’il est de 10,75$ pour les autres catégories d’emploi.
Des pourboires aussi pour les cuisiniers ?… Même à l’étranger la question se pose.
Le Guide MICHELIN vient de dévoiler la 5e sélection de Dubaï – 122 restaurants, 38 types de cuisines, cette édition met à l’honneur le rayonnement croissant de Dubaï sur la scène gastronomique mondiale.
Le chef suisse Daniel Humm s’apprête à ouvrir une nouvelle adresse à New York. Baptisé simplement HUMM, ce restaurant sera installé dans West Village ouvrira ses portes le 10 octobre prochain.
Chaque année, Monte-Carlo réunit les plus grandes toques du monde le temps de dîners à quatre mains et six mains. Pour la sixième année consécutive, le transforme la Principauté en véritable scène de la haute gastronomie internationale.