Camille Top Chef 2018 – interview exclu F&S : « Je brosse toujours le sol de la cuisine où je travaille. Bref, je ne suis pas devenu une diva ! »

29 avril 2018  1  Interviews
 

signature-food-and-sens Depuis le début de la saison 9 de Top Chef, l’équipe Food&Sens est sensible à la bonhomie naturelle de Camille Delcroix, désormais grand gagnant de cette édition, et candidat qui a remporté le plus d’épreuves de toute l’histoire de l’émission. Au lendemain de sa victoire, nous l’avons rencontré dans les locaux de M6, au terme d’une journée marathon, au cours de laquelle le jeune homme a enchaîné comme un pro une kyrielle d’interviews. Toujours avec le sourire. Bravo à lui pour sa gentillesse, et son inépuisable bonne humeur. Rien à dire : à la télé comme dans la vie, Camille est bien le même !

F&S : Bonjour Camille, on est content de te rencontrer en vrai. Alors, ça fait quoi d’avoir gagné Top Chef ?

Ça fait plaisir ! (Rires). Je suis ravi, bien entendu. Au début de l’aventure, je ne me voyais pas gagner ; mais petit à petit, d’épreuve en épreuve, on finit par y croire.

F&S : Comment te sens-tu, au terme du concours ?

Fatigué, forcément (mais heureux.) Le concours dure 7 semaines non-stop, qui sont émotionnellement très fortes, avec des hauts et des bas sans arrêt, et beaucoup d’attente entre les épreuves. Puis vient ensuite la période de diffusion de l’émission, qui est encore plus fatigante car nous sommes très sollicités au lendemain des épisodes. Bref, ça n’arrête pas. Rien qu’hier soir (25 avril, NDLR), on a fait une grande soirée sur le thème de Top Chef au Château de Beaulieu, le Relais & Château où je suis second de cuisine. L’idée était de Mr Meurin ; il a organisé une soirée spéciale sur le menu que j’ai fait lors de la finale de Top Chef. À peine l’événement était-il annoncé, que 5 minutes plus tard, les 120 places disponibles étaient déjà vendues, et qu’on avait en plus 240 personnes sur liste d’attente… On a fini la soirée à 1h30 du matin ; et ce matin, j’ai dû enchaîner aussitôt, en me levant à 5 heures pour prendre le train vers Paris. Bref, vivement le mois d’août, hein ! Car je serai en vacances. (Rires).

Camille dans les locaux du siège de M6, le jour de l’interview

F&S : Tu es aussi très demandé par la presse.

Rien que jeudi dernier, j’ai fait 17 interviews en une après-midi… En moyenne, depuis la diffusion du programme, je fais entre 3 et 5 interviews par semaine.

F&S : Quel rythme ! On va tâcher de te poser des questions différentes, du coup…

(Rires).

F&S : Parle-nous de Victor, ton opposant lors de la finale.

Avec Victor, on n’était pas sur le même terrain culinaire ; on a été complémentaires pendant toute la compétition. À l’heure de la finale, nos menus étaient du coup aux antipodes : moi très régulier et technique, lui très créatif. Nos partis-pris n’étaient pas les mêmes non plus ; le mien a consisté à réaliser un menu qui parle au plus grand nombre. Je ne voulais pas verser dans l’audace ou dans le grain de folie, ni faire une démonstration de cuisinier ; je voulais réaliser quelque chose de gourmand, qui séduise les clients (en l’occurrence, des bénévoles de la Croix Rouge). C’est grâce à ça que j’ai gagné. Le but, c’était de plaire aux clients, pas d’abord aux chefs.

F&S : Tu as pensé stratégie, donc.

Absolument. Je m’étais déjà fait avoir lors de l’épreuve de la guerre des restaux, où j’avais visé de séduire les chefs, et non les clients ; du coup je n’ai pas remporté cette épreuve. Alors cette fois, j’ai fait différemment !

F&S : Comment gères-tu ta soudaine popularité ?

C’est un peu compliqué dans le quotidien ; avant, quand je venais à Paris j’étais tranquille ; maintenant, je me fais arrêter en allant acheter un sandwich. Rien que toute à l’heure, quatre femmes m’ont stoppé dans la rue ! Pour le reste, heureusement les copains du boulot n’ont pas changé, ni moi non plus d’ailleurs. J’épluche toujours les pommes de terre, les carottes, les navets, et je brosse toujours le sol de la cuisine où je travaille. Bref, je ne suis pas devenu une diva ! (Rires). Et puis de toute façon, je fais très attention à ne pas aller trop vite, à bien garder les pieds sur terre. Je prends du recul vis-à-vis de tout ça, et je m’attends à ce que toute cette effervescence à mon endroit retombe. De plus, j’ai encore besoin d’apprendre. D’ailleurs, j’aimerais travailler plus tard dans un restaurant tenu par un MOF. Rien de tel pour se former davantage !

F&S : Qu’est-ce que l’aventure Top Chef t’a apporté ?

J’ai beaucoup gagné en maturité, notamment en ce qui concerne ma réflexion de cuisinier. Comment composer les plats, élaborer une recette… Ou encore, comment réveiller des souvenirs d’enfance et des émotions à travers la cuisine. Avant Top Chef, j’étais surtout un fou de technique, et en un sens ma cuisine était un peu sans âme. Or le nerf de la guerre, c’est le plaisir de ceux qui mangent. Désormais, je vais donc plus dans le sentiment que dans le côté cérébral et académique.

Camille et la vache Marguerite, lors de l’épreuve des restaurateurs (capture d’écran M6 Top Chef)

F&S : Si c’était à refaire, tu referais Top Chef ?

À fond ! Dans Top Chef, on apprend à se dépasser. On cuisine pour des gens extraordinaires, que normalement on ne voit que sur du papier glacé ou à la télé. Au final, Top Chef c’est une colonie de vacances trois étoiles, mais avec beaucoup de devoirs ! (Rires). Blague à part : la métaphore de la colonie de vacances, c’est vraiment ça, car je me suis fait toute une bande de copains dans Top Chef. Depuis la fin de l’émission, j’ai revu Victor, ainsi que Vincent, qui m’a invité à dîner dans son restaurant Porte 12 la veille de la finale. Et j’y ai très bien mangé. (NDLR : retrouvez notre entretien avec Vincent Crépel ici ). Sinon, j’ai revu Adrien, que j’apprécie beaucoup, ainsi que Clément et Mathew.

F&S : Tu dis grand bien des autres candidats. Qu’est-ce qui fait, selon toi, que tu aies finalement gagné, plutôt qu’eux ?

Ce sont des candidats très talentueux. Franckélie, par exemple, est une vraie machine de guerre. Pareil pour Vincent. Adrien et Mathew avaient eux aussi les profils pour gagner. Disons que le truc en plus qui peut faire la différence, c’est sans doute la capacité à écouter les chefs, à se remettre quotidiennement en question. Moi je me disais tous les jours : hier ce que tu as fait, c’était nul. Il faut faire mieux aujourd’hui.

F&S : Tu as également tissé des liens forts avec Philippe Etchebest.

C’est vrai. Le chef Etchebest est quelqu’un d’humain et de juste, et il reste très attentif envers moi et Victor. J’ai aussi beaucoup apprécié Stéphane Rotenberg, l’animateur de Top Chef. Avant même que l’émission ne commence, il connaissait déjà nos prénoms, nos parcours, qui nous étions, et d’où nous venions. C’était très agréable. Il était investi, et gourmand aussi ! D’ailleurs, il vient comme moi du Nord-Pas-de-Calais. Ça explique tout ! (Rires).

F&S : Justement, le Nord doit être fier que tu aies gagné Top Chef…

Oui, la région est super contente ; j’ai eu le Préfet au téléphone ce matin. Martine Aubry aussi m’a félicité. Et j’ai reçu un message du chef Gilles Goujon. La classe !

F&S : Il ne nous reste plus qu’à te souhaiter bonne chance pour la suite.

Merci…

Propos recueillis par Anastasia Chelini

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